vendredi 3 juin 2011

Wu Xia, innovation de films d'arts martiaux chinois

Wu Xia, seul film chinois en sélection officielle au festival de Cannes, réalisé par Peter Chan, réalisateur de Hongkong, qui a étudié aux États-Unis où il a suivi des cours de cinéma à UCLA. Il retourne à Hong Kong en 1983 et commence à travailler dans l'industrie du cinéma. Il devient assistant réalisateur et producteur de Les Larmes d'un héros (Heroes Shed No Tears) réalisé par John Woo. En 1999, il part à Hollywood pour réaliser Destinataire inconnu (The Love Letter) dans lequel il dirige Kate CapshawEllen DeGeneres et Tom Selleck. Il remporte les prix de meilleur réalisateur et du meilleur film au Hong Kong Film Award en 1997 avec ComradesAlmost a Love Story et 2008 avec Les Seigneurs de la guerre.


Avant de regarder le film, j’avais parlé avec mes amis inasupiens qui l’avait déjà vu dans la première projection. Comme la plupart d’entre eux ont tombé dormir pendant la séance minuit qui est toujours « bad timing » pour la projection à Cannes, j’ai donc vraiment pas de grandes attentes pour ce film. Dans cette situation, ce film a quand même m’a impressionné après que j’ai vu la reprise du lendemain dans la salle du Soixantième.

Wu Xia suit le quotidien de Liu Jin-xi, modeste fabriquant de papier d’une petite ville de province en 1917 incarné avec sobriété par Donnie Yen. Sa vie bascule quand deux brigands braquent son épicerie. Lors d’un combat chaotique, il les tue accidentellement en se débattant maladroitement. Arrive alors un enquêteur (Takeshi Kaneshiro), qui a dû mal à avaler la thèse de l’accident, et pense que seul un grand expert en arts martiaux a pu terrasser les deux brutes. De petit à petit, a travers des petits détails dans la vie quotidienne, l’enquêteur commence à trouver le grand secret de l’identité de ce fabriquant de papier : en fait il était un tueur professionnel. A la fois, son père, la tête de l’organisation de tueurs, est en train de chercher son fils qui l’a quitté depuis des années. En bref, l’intrique est comment notre héro va se débarrasser de son ancienne identité (un tueur professionnel) pour continuer sa vie tranquille dans le petit village avec sa famille.


Teaser de "Wu Xia"

$21 million dollar, produit par WE PICTURES LIMITED, les images très belles, très poétiques composent un portrait d’un petit village dans la dynastie Qing de la Chine. En fait, ce qui m’impressionne n’est pas seulement ces belles images réalisées par Peter Chan, mais plutôt sa manière de traiter les arts martiaux chinois. Souvent les films des arts martiaux chinois sur l’écran sont très magiques, les gens ont toujours des super pouvoirs, ils volent comme ils veulent. Fatigué de images très clichées des arts martiaux chinois, Peter Chan veut les traiter a travers de perspective microscopique, de la science de médecine chinoise, afin de trouver une nouvelle manière de traitement des arts martiaux chinois. Si Wu Xia est indubitablement un véritable film d’action, on pourra d’abord saluer la vocation ludique de Peter Chan à déconstruire le spectacle inhérent au genre Wu Xia et à le rationnaliser un peu.




Soyons honnête, l’enquête qui suit, malgré une ou deux scènes rigolotes dues au regard perpétuellement candide de Takeshi Kaneshiro, ferait passer celle de Detective Dee pour un chef d’œuvre d’ingéniosité scénaristique au plus fervent détracteur du dernier Tsui Hark. On a ici le droit à une version Chinoise des Experts, avec l’acuponcture qui remplace l’analyse ADN. Les conclusions et les éléments de l’enquête sont aussi tirés par les cheveux que dans la série mais ce n’est pas le plus grave : Peter Chan emprunte aussi aux productions Bruckeimer sa mise en scène clipesque et épileptique, usant sans cesse de ralentis et d’accélérés que rythme une bande son assourdissante.


Detective Dee réalisé par Tsui Hark


Wu Xia ne soit ni violent ni réaliste, mais ces attributs sont atténués par l’humour et le merveilleux. Cette juxtaposition d’éléments hétéroclites donne une impression d’incohérence à un métrage, dans lequel les divers genres finissent par s’annuler au lieu de se mélanger.

Le film sortira bientôt en France, distribué par TF1 et UGC. The Weinstein Company (TWC) a acheté le droit de distribution internationale, en dehors de l'Asie et l'Europe de langue française.


Ruifang HUA

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