dimanche 5 juin 2011

MELANCHOLIA de Lars Von Trier

Justine et Michael célèbrent leur mariage en grande pompe dans la somptueuse demeure que possèdent sa sœur et son beau-frère. Pendant ce temps, une planète gigantesque, Melancholia, se dirige droit vers la Terre et menace d’entrer en collision avec elle…

Controversé pour ses œuvres et ses propos dérangeants, Lars Van Trier peut se satisfaire d’au moins une chose, celle de contenter un public sceptique et craintif. Melancholia marque le grand retour de Lars von Trier avec une œuvre à la fois simple, complexe et ambitieuse. Outre l’exposition d’une technique photographique parfaite, le cinéaste nous montre le talent incontestable d’un psychothérapeute mettant en exergue toute l’ambivalence des liens familiaux et amoureux.

Découpé en deux parties,  Lars von Trier nous offre d’abord un très beau prologue d’une dizaine de minutes composée de plans fixes et de ralentis sur une musique de Wagner.Ainsi est annoncée une fin du monde imminente qui prendra tout son sens à la fin de la projection.



De la farce burlesque (Un mariage de Robert Altman) au psychodrame thérapeutique (Festen, Thomas Vitenberg), l’histoire débute avec un banquet de mariage dans lequel le bonheur est constamment feint et ne parvient pas à cacher une misanthropie destructive. Autour des deux figures centrales que sont Justine (Kirsten Dunst) et Claire (Charlotte Gainsbourg), le vide existentiel et le désarroi sont exprimés, conscient pour l’une et désavoué pour l’autre. Encore une ode à la dépression, voire au suicide, pour le cinéaste danois, mais qui relève de tant de justesse par l’interprétation de ses actrices que par la dualité symbolique et réaliste présentée. On oublierait même, comme dans toutes ses œuvres, la finalité morbide de tout ce désespoir en restant subjugué par tant de finesse et de savoir-faire.


Dans la seconde partie se dessine alors une inquiétante atmosphère de fin du monde, la planète Melancholia approche de la Terre et menace d’entrer en collision. Le sentiment prégnant de mélancolie est alors pointé du doigt, et sa résignation dans ce compte-à-rebours inhérent à la collision entre les deux planètes. Le spectateur se perd alors dans l’effroi de cette annonce apocalyptique, le sentiment d’impuissance face à cette mélancolie dont on ne peut échapper et la puissance romantique de la mise en scène.
Une opposition entre l’amour et la haine dont on se sent étrangement manipulé dans cette démonstration de l’impossibilité d’un bonheur obligatoire et forcé. Un choc narratif et esthétique obsédant.


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