mercredi 1 juin 2011

Les Neiges du Kilimanjaro



Ni vraiment pour le pire, ni vraiment pour le meilleur, Robert Guédiguian est de retour à Marseille. Exit donc les fictions historiques sur les arméniens ou François Mittérand. Back la CGT et les apéros méditerranéens. Après tout, ça lui va si bien.
Car, malgré les remarques que peut susciter Les Neiges du Kilimanjaro (on y vient, on y vient, laissez moi défendre un de mes cinéastes préférés), Guédiguian sait filmer la vie, la ville, la famille et le travail. On retrouve invariablement la « Team » habituelle à travers le duo Daroussin-Ascaride, certes pas toujours convaincant, en couple déchiré par les licenciements, un vol impromptu, des chamboulements existentiels et l’élargissement de la famille à deux orphelins (rien que ça).




La fabrication du film est un peu rapide (le jeu s’en ressent) à l’image du son mixé un peu rapidement. Sélection oblige ?
Cependant le film s’envole souvent, peut-être même un peu trop, à travers des scènes d’amitié et de fraternité (dans la 1ère partie du film) dont le réalisateur militant n’a pas à rougir. On décèle un certain humanisme, plus centré sur la solidarité que sur la revendication, dont l’envie et la sincérité sont contagieuse (à défaut de convaincre tout le temps). 
Guédiguian filme l’angoisse d’un famille syndicale et idéaliste pris dans les méandres d’un nouveau siècle qui ne veut pas d’elle et d’une nouvelle génération désabusée. L’auteur se sent-il un peu dépassé par sa ville et son milieu social ? (n’oublions pas, ô petits critiques parisiens pour qui le réel ne supplante jamais les récits titanesque à la Malick, que Guédiguian participe toujours aux manifestations du Vieux Port et se fait payer, pour ses films, autant que sa secrétaire).
Au final, Guédiguian revient aux sources et doit réapprendre à écrire des films sociaux en phase avec son époque, ce qu’il savait si bien faire dans les années 90. On est loin de la force de La Ville est Tranquille ou du prégnant Marie-Jo et ses Deux Amours, mais on a envie d’y croire. A suivre donc…

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